Un Ciotaden était sur le point d'acquérir quatre restaurants de plage avant que la mairie les préempte soudainement. La ville justifie sa démarche dans le cadre de la prochaine réhabilitation du bord de mer.
Un habitant de La Ciotat, souhaitant rester anonyme, a révélé au journal "La Provence" qu'il envisageait l'acquisition des établissements balnéaires emblématiques situés sur la grande plage de la ville. Un projet envisagé selon lui, "depuis une dizaine d'années".
Ces établissements, comprenant le "Kiosque", le "KS 13", "La Vague" et "L'Escale", sont actuellement sujets à une préemption par la mairie de La Ciotat.
L'acheteur potentiel, également propriétaire d'un restaurant dans la région, a été surpris par l'action de la ville de La Ciotat, car il avait déjà entamé des démarches pour l'achat des lieux. Malgré les fluctuations des prix au fil des ans, passant de 3,9 millions à 4,9 millions d'euros, l'acheteur avait fait une proposition aux propriétaires. Cependant, la municipalité a soudainement préempté les lieux, contraignant l'acheteur à réévaluer ses plans.
JUSQU'À 7 MILLIONS D'EUROS POUR LE CONTRIBUABLE ?
La commune justifie cette préemption dans le cadre d'un projet de requalification du front de mer, s'inscrivant dans une opération d'envergure à 20 millions d'euros. Cette décision vise à permettre une réflexion d'ensemble sur ces espaces balnéaires.
L'acheteur potentiel, déterminé à poursuivre son projet, propose de transformer les établissements en cabanes démontables hors saison estivale, une initiative qu'il estime être dans l'intérêt de la mairie de La Ciotat et qui permettrait d'économiser l'argent public. Il attend maintenant une réponse à sa demande de rendez-vous pour discuter de son projet.
Cette situation soulève des questions quant à l'avenir de ces établissements emblématiques de La Ciotat et à l'implication de la mairie dans le développement de la ville.
"RENDRE L'ESPACE À LA NATURE ET FAIRE DES ÉCONOMIES"
Restituer la grande plage de La Ciotat à la nature et faire des économies pour le contribuable, c'est la troisième option que lance Denis Bunelier conseiller municipal d'opposition, interrogé par Radio La Ciotat Fréquence Nautique. Selon lui "le rachat par la ville, puis une location des espaces pour faire des restaurants ne sera jamais amorti, la dépense représente 5 voire 7 millions € d'investissement sans oublier les frais de démolition..." .
L'élu proche de Lionel Giusti (Les Ciotadens) s'étonne de la décision de la municipalité "le projet d'aménagement de la plage prévoit des gradins imaginés, pour créer une transition douce entre la terre et la mer, que viennent faire alors, des restaurants éphémères dans le panorama ?".
"LE TRAIT DE CÔTE RECULE"
Denis Bunelier (LC) avertit et fait une troisième proposition "d'année en année, le trait de côte recule, les plages rétrécissent et sont bondées, alors rendons purement et simplement aux Ciotadens, le plus d'espace possible sans restaurant, ni plage de matelas privative."
Photo : ©Fréquence Nautique
La rédaction