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Baie de La Ciotat : comment une épave de la Seconde Guerre mondiale s’est retrouvée au cœur d’une vive polémique

Baie de La Ciotat : comment une épave de la Seconde Guerre mondiale s’est retrouvée au cœur d’une vive polémique

L’ancre du plus grand voilier de croisière au monde est soupçonnée d’avoir détruit une épave emblématique de la Seconde Guerre mondiale au large de Saint-Cyr-sur-Mer. Une affaire qui soulève des questions sur la protection du patrimoine sous-marin français.

La Méditerranée offre parfois des images de carte postale. Mais, ces derniers jours, c’est une scène de désolation qui attendait les plongeurs dans la baie des Lecques.

L’épave d’un Lockheed P-38 Lightning américain, abattu en janvier 1944 au large de Saint-Cyr-sur-Mer, reposait depuis plus de huit décennies par 38 mètres de fond. Considérée comme l’une des épaves aéronautiques les mieux conservées de la façade méditerranéenne française, elle constituait un site de plongée incontournable pour les passionnés d’histoire comme pour les amateurs de fonds marins.

Vendredi 17 juillet, des plongeurs découvrent pourtant un spectacle inattendu : l’avion n’est plus qu’un amas de tôles éparpillées sur le fond marin.

Très vite, les regards se tournent vers un navire d’exception : l’Orient Express Corinthian, nouveau fleuron de la croisière de luxe et plus grand voilier de croisière jamais construit. La veille, le bâtiment avait mouillé précisément dans cette zone.

Selon les premières constatations relayées par les autorités maritimes, les dégâts auraient été provoqués par l’ancre et la chaîne du navire. Une enquête est désormais en cours afin d’établir les circonstances exactes de l’incident.

L’affaire soulève cependant une interrogation essentielle : comment une épave aussi connue des plongeurs, des clubs locaux et des spécialistes du patrimoine a-t-elle pu rester sans protection empêchant le mouillage des navires ?

POURQUOI LA ZONE N'ÉTAIT PAS SIGNALÉE ?

Car si le site possède une forte valeur historique, il ne bénéficiait d’aucune interdiction permanente de mouillage. Le navire aurait donc ancré dans une zone où cette pratique était légalement autorisée, sans qu’aucun dispositif ne protège physiquement l’épave.

Pour les professionnels de la plongée, le choc dépasse largement la perte d’un simple site d’exploration. Cette épave représentait un véritable patrimoine immergé, témoin de la libération, mais aussi un moteur économique pour les centres de plongée de Saint-Cyr-sur-Mer et des communes voisines.

Au-delà des responsabilités qui seront éventuellement établies par l’enquête, cette affaire remet en lumière une question de fond : la France protège-t-elle suffisamment son patrimoine archéologique sous-marin ?

Le contraste est saisissant. D’un côté, un navire symbole de l’excellence et du tourisme haut de gamme, inauguré en grande pompe quelques semaines plus tôt. De l’autre, un vestige de la Seconde Guerre mondiale disparu en quelques instants après avoir traversé plus de 80 ans d’histoire.

Une destruction qui pourrait bien devenir le point de départ d’une réflexion nationale sur la protection des épaves historiques, avant que d’autres témoins du passé ne disparaissent à leur tour sous les ancres des navires modernes

Photo : capture d'écran, vidéo témoin
La rédaction

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