


DOSSIER - À La Ciotat, ce n'est plus seulement une bataille juridique sur la loi Littoral, mais une confrontation directe avec les lois de la nature et l'évolution physique du rivage. L'extension du Domaine Public Maritime naturel par l'État redéfinit la ligne du trait de côte.
Face à l'érosion et à la montée des eaux, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) récupère du terrain, poussant les institutions « pieds dans l’eau » vers une transformation radicale.
Le premier restaurant emblématique à être sacrifié en 2020, a été celui de la pizzeria « chez Robert, les pieds dans l’eau » autrefois, située sur la plage de Fontsainte à La Ciotat. Aujourd’hui remplacé par une dalle en béton.
LE MUGEL MENACÉ
Dans la calanque du Mugel, la menace qui pèse sur l'emblématique restaurant Le Mugel illustre parfaitement ce grignotage marin. La révision du trait de côte met en évidence la fragilité de ses fondations, directement exposées aux assauts des vagues. Un permis de démolir partiel a d'ailleurs acté le recul nécessaire d'une partie de la bâtisse.
La pétition citoyenne « Je suis mugel » s'oppose à une disparition pure et simple, mais l'avenir de la terrasse historique s'écrira inévitablement sous la forme d'installations démontables et temporaires, afin de libérer le rivage mouvant.
"Une simple signature peut tout changer" le gérant du restaurant emblématique a lancé cet été, une nouvelle "pétition citoyenne". Elle est accessible à toutes celles et ceux qui fréquentent la calanque.
Quelques hectomètres plus loin, sur la Grande Plage, la modification officielle du trait de côte a provoqué un véritable séisme pour les restaurateurs. L'État a étendu le domaine public naturel pour s'adapter au recul du sable, entraînant le non-renouvellement des concessions en dur.
LA GRANDE PLAGE EN SURSIS...
Pour des adresses historiques comme le KS 13, La Vague ou L'Escale, l'injonction de libérer l'espace est devenue brutale. Les services préfectoraux ont mené une opération coup de poing pour retirer les transats et matelas installés sur une bande de sable désormais juridiquement protégée. Pour les exploitants du KS 13, contraints de rendre les clés après des décennies d'investissements, la transition vers le "zéro plastique" et le démontable obligatoire est douloureuse.
L’ÎLE VERTE "PROTÉGÉE" JUSQU’À QUAND ?
À quelques encablures en mer, le restaurant l'Île Verte observe la tempête administrative avec un léger sursis. Accessible par la navette Ile Verte, l'établissement est implanté sur une calanque rocheuse moins soumise à l'érosion immédiate que le sable de la grande plage. Bénéficiant d'un statut lié à « l’accueil du public en zone forestière », la structure échappe pour l'instant aux démolitions massives imposées sur le continent, même si l'État surveille de très près son empreinte environnementale sur l'îlot.
Photo : ©Fréquence Nautique (archive)
La rédaction
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