


REPORTAGE TV - Sous l’eau comme sur les rochers, à la calanque de Figuerolles à La Ciotat, les bénévoles de "Team Oxygen" constatent les effets d’une fréquentation toujours plus importante magré le rejet des eaux usées à proximité. Dans son reportage diffusé sur M6, « Zone interdite » révèle l’envers du décor d’un site méditerranéen devenu victime de son succès.
À première vue, le décor ressemble à une carte postale. Des falaises ocre plongent dans une eau turquoise, les baigneurs profitent des températures estivales et les embarcations se succèdent au large de la calanque de Figuerolles à la Ciotat. Mais derrière cette image de paradis méditerranéen, une autre réalité se dessine.
C’est cette face cachée des calanques marseillaises que le magazine "Zone interdite" a choisi de mettre en lumière dans son numéro diffusé mardi 18 août sur la châine de télévision M6, consacré aux conséquences du surtourisme et de la pollution en Méditerranée. Selon la chaîne, dans notre région, les calanques accueillent chaque année près de trois millions de visiteurs.
Dans la vidéo, les images aériennes donnent immédiatement la mesure de l’attractivité de la calanque de Figuerolles à La Ciotat pourtant située à quelques dizaines de mètres du rejet des eaux usées de la station d'épuration locale. Les reliefs spectaculaires et les eaux qui paraissent au demeurant "cristallines", attirent une foule de vacanciers. Sur la plage, les serviettes s’accumulent et les nageurs se concentrent dans les zones les plus abritées.
DERRIÈRE LA "CARTE POSTALE"
Mais pour les membres de "Team Oxygen", cette forte fréquentation constitue aussi un sujet d’inquiétude. Ces passionnés d’apnée ne viennent pas seulement profiter du paysage. Leur démarche consiste à explorer les fonds marins tout en participant à leur préservation. L’association environnementale, créée en 2021, rassemble des apnéistes engagés dans la protection du milieu marin et mène notamment des opérations de récupération de déchets.
Équipés de combinaisons, de masques et de bouées de sécurité, les apnéistes s’engagent dans une partie plus étroite et encaissée de la calanque. La caméra les suit au plus près, au-dessus puis sous la surface.
L’eau, pourtant limpide en apparence, laisse apparaître une réalité plus préoccupante lors de l’exploration. Les plongeurs inspectent les fonds et récupèrent différents éléments indésirables à l’aide de sacs spécialement prévus pour cette opération.
Une scène résume à elle seule le propos du reportage : après leur sortie de l’eau, les membres de l’équipe manipulent également des prélèvements. L’objectif est de documenter l’état du milieu et de mesurer ce qui ne se voit pas forcément depuis la surface. Car la pollution méditerranéenne ne se résume pas toujours aux déchets flottant à quelques mètres du rivage.
TOUT UN ECO-SYSTÈME MENACÉ ?
Le paradoxe est saisissant. Ce sont précisément les paysages et les eaux qui font la renommée des calanques qui attirent chaque été des milliers de visiteurs. Mais cette popularité met également le site sous pression.
Le reportage de "M6" inscrit ainsi l’expérience de "Team Oxygen" dans une problématique beaucoup plus large : comment continuer à accueillir les visiteurs sans dégrader les espaces naturels qu’ils viennent admirer ?
Le phénomène dépasse largement La Ciotat. "Zone interdite" rappelle que la Méditerranée accueille chaque année plus de 300 millions de touristes et que plusieurs de ses destinations emblématiques sont désormais confrontées à la saturation, à l’augmentation du trafic maritime et à la pollution.
Au fil des images, les membres de "Team Oxygen" apparaissent finalement comme des sentinelles de ce littoral très fréquenté. Leur équipement de plongée devient un outil d’observation et d’action. Leur message est simple : préserver la Méditerranée ne peut pas reposer uniquement sur les pouvoirs publics. Les visiteurs ont eux aussi un rôle à jouer.
Car à La Ciotat, lorsque les vacanciers quittent la calanque de Figuerolles, le décor reste. Les rochers, les fonds marins et les espèces qui y vivent doivent, eux, supporter les conséquences de cette fréquentation.
Derrière les images spectaculaires de la calanque marseillaise, le reportage de "Zone interdite" pose donc une question devenue incontournable sur le littoral méditerranéen : jusqu’où peut-on profiter d’un paradis avant de risquer de le faire disparaître ?
Photo : ©Fréquence Nautique (archive)
La rédaction
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