


SOCIAL - Hausse spectaculaire des carburants, pouvoir d’achat sous pression et nouveaux appels à la mobilisation : huit ans après le mouvement de 2018, plusieurs ingrédients de la colère sociale semblent à nouveau réunis. Le point sur La Ciotat et Bandol, deux communes particulièrement mobilisées en 2018.
Et si les "Gilets jaunes" retrouvaient les ronds-points et les péages à l’automne ? La question prend une résonance particulière autour de La Ciotat et de Bandol, où le mouvement avait été particulièrement visible en 2018.
Depuis quelques jours, un appel à « ressortir les Gilets jaunes » le 17 octobre 2026 circule sur les réseaux sociaux. Pour l’heure, aucune organisation nationale clairement identifiée n’a pris la tête du mouvement et aucune mobilisation d’ampleur n’est officiellement annoncée à La Ciotat ou à Bandol. Mais le contexte économique pourrait donner un écho particulier à ces appels.
CARBURANT : NOUVELLE ÉTINCELLE
C’est sans doute le principal point commun avec 2018. Le prix du carburant a de nouveau fortement augmenté ces derniers mois. Au 8 septembre 2026, le litre de SP95-E10 coûtait en moyenne 2,12 euros en France, soit environ 40 centimes de plus qu’à la fin février. Le gazole atteignait de son côté environ 2,28 euros, en hausse de 56 centimes sur la même période. Des niveaux proches, voire supérieurs selon les carburants, à ceux observés lors de la crise énergétique de 2022.
Cette nouvelle flambée s’explique notamment par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le blocage du détroit d’Ormuz et les difficultés sur les marchés du raffinage. Le gouvernement a d’ailleurs décidé de prolonger en septembre et octobre certaines aides destinées aux secteurs les plus exposés et le dispositif destiné aux « grands rouleurs ».
Le problème dépasse cependant la seule pompe à essence. La Banque de France prévoit pour 2026 une baisse de 0,4 % du pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte où la hausse des prix de l’énergie se diffuse progressivement aux transports, à l’alimentation et à d’autres dépenses courantes.
C’est précisément ce mélange qui avait contribué à faire naître la colère des Gilets jaunes : le sentiment de subir une hausse des dépenses indispensables tout en disposant de marges de manœuvre limitées.
UN SECTEUR MOBILISÉ ?
À La Ciotat comme à Bandol, le souvenir est particulièrement fort. En novembre 2018, plusieurs centaines de manifestants avaient investi les deux péages de l’A50. À La Ciotat, environ 500 personnes s’étaient retrouvées sur le site le 24 novembre. À Bandol, les opérations de filtrage avaient également rassemblé plusieurs centaines de personnes. Les deux péages étaient alors devenus des symboles locaux de la contestation.
Le parallèle s’arrête toutefois là pour le moment. En 2026, aucune mobilisation comparable à celle de 2018 n’est encore constituée. Mais la combinaison d’un carburant redevenu très cher, d’un pouvoir d’achat qui recule et d’une inflation ressentie toujours élevée par les ménages crée un terrain social potentiellement favorable à une nouvelle mobilisation. Le ministère de l’Économie lui-même relève que l’inflation perçue par les Français reste nettement supérieure à l’inflation mesurée.
Si les appels lancés pour l’automne devaient se transformer en mouvement durable, l’axe La Ciotat-Bandol pourrait donc redevenir un point de fixation. En 2018, la colère était partie du prix du carburant avant de s’élargir à une contestation beaucoup plus générale. En 2026, la question sera de savoir si la hausse de l’essence et du gazole peut, une nouvelle fois, servir d’étincelle à une colère sociale plus large.
Photo : ©Fréquence Nautique - (archive)
La rédaction
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