


IMMOBILIER - Alors qu’un local associatif de 100 m² est prévu en remplacement des installations actuelles, l’association "les 4 A" estime que cette solution ne permettrait pas d’assurer le bien-être de la cinquantaine de chats accueillis sur le site. Elle suspend provisoirement certaines de ses prises en charge.
L’avenir de la chatterie des "4 A" est aujourd’hui au cœur des préoccupations de l’association ciotadenne de défense de la cause animale. En cause : la vente d’un terrain destiné à accueillir un immeuble de 22 logements, avec, au rez-de-chaussée, un local associatif prévu en remplacement des installations actuelles de la chatterie et des entrepôts.
Dans un communiqué publié dans la soirée du jeudi 17 septembre 2026, l’association indique ne pas souhaiter revenir sur « l’historique de cette vente à rebondissements débutée en 2015 », mais se concentrer sur une question qu’elle juge désormais prioritaire : le devenir de ses chats et leurs conditions de vie.
UN LOCAL DE 100M2 POUR REMPLACER 227M2 D'INSTALLATIONS
Selon "les 4 A", le projet prévoit que le promoteur construise, en contrepartie de la baisse du prix de vente du terrain, un bâtiment associatif d’une superficie maximale de 100 m², livré sans aménagement.

Ci-dessus, l'affiche du projet immobilierfixé sur le portail du siège de l'association "les 4A", 194, avenue Louis Lesavre à proximité du cimetière Sainte Crois à La Ciotat. (Photo : © Fréquence Nautique)
Ce local remplacerait les structures actuellement utilisées par l’association pour ses chatteries et ses entrepôts, qui représentent ensemble une emprise au sol de 227 m², précise le communiqué. L’association qui défend la cause animale à La Ciotat, souligne également la présence d’environ quatre tonnes de litière actuellement stockées sur le terrain.
Un point particulièrement sensible pour les bénévoles, qui indiquent accueillir actuellement une cinquantaine de chats, auxquels s’ajoutent une dizaine de chats libres présents sur le site.
« La surface obligatoire de vie pour un chat est de 2 m² », rappelle l’association, qui estime qu’avec le futur bâtiment, elle pourrait rapidement se retrouver dans une situation qu’elle considère comme non conforme.
L'ARRIVÉE DES 22 LOGEMENTS, AUTRE SOURCE D'INQUIÉTUDE
Au-delà de la superficie disponible, c’est également l’environnement futur de la chatterie qui préoccupe les bénévoles. L’entrée de l’immeuble de 22 appartements doit en effet se faire par l'avenue Louis-Lesavre, devant le futur bâtiment associatif, selon le communiqué.
Pour "les 4 A", la circulation des véhicules, mais aussi le bruit lié au chantier puis à la vie quotidienne de l’immeuble, pourraient être une source importante de stress pour les animaux.
L’association Ciotadenne redoute surtout de ne plus pouvoir laisser certains chats accéder à l’extérieur, par crainte qu’ils soient renversés par un véhicule. Une perspective qui modifierait profondément les conditions dans lesquelles les animaux sont actuellement accueillis.
Face à ces inquiétudes, l'organisation affirme avoir commencé à alerter les services concernés dès janvier 2026, en sollicitant notamment des informations et des rendez-vous.
Elle indique avoir finalement été reçue en mars par le service de l’urbanisme, puis par le maire. Après de nouvelles relances en mai, un rendez-vous s’est tenu mardi 15 septembre 2026, en présence de deux élus et d’un cadre de la mairie.
Toujours selon "les 4 A", cette rencontre n’a pas permis, à ce stade, de faire émerger une solution alternative. Malgré leurs recherches, les représentants de la Ville auraient indiqué ne pas disposer d’un autre terrain à proposer. La solution actuellement envisagée resterait donc celle du bâtiment associatif de 100 m².
L’association précise attendre encore des informations complémentaires à la suite de cette réunion.
"LE BIEN ÊTRE DE NOS PROTÉGÉS N'EST PAS ASSURÉ"
Pour "les 4 A", la question n’est donc pas uniquement celle de la superficie du futur local, mais également celle de la possibilité de continuer à accueillir les animaux dans des conditions adaptées.
« En l’état, le bien-être de nos protégés n’étant pas assuré, il n’est pas possible d’accepter cette proposition », affirme l’association dans son communiqué.
La confédération à laquelle l’association est rattachée a également été alertée, afin qu’elle puisse apporter son aide dans ce dossier. Dans l’attente d’une solution jugée pérenne pour les chatteries, l'organisation locale annonce une décision lourde de conséquences : l’arrêt temporaire de toutes les nouvelles prises en charge ainsi que des identifications réalisées au nom de l’association.
L’association "les 4A" précise toutefois qu’elle ira au bout des opérations déjà engagées, notamment les trappages commencés sur un site où vivent une vingtaine de chats errants, ainsi que ceux concernant des personnes qui l’ont récemment sollicitée.
"Nous reprendrons ces activités dès qu’une solution pérenne sera trouvée pour les chatteries", précise le communiqué. Les bénévoles poursuivent en revanche leurs autres missions : les nourrissages sur une trentaine de points répartis dans toute La Ciotat, ainsi que le travail quotidien effectué au sein de la chatterie.
Pour l’association "les 4 A", le dossier est donc loin d’être clos. Derrière le projet immobilier, c’est désormais la capacité de l’association à poursuivre son action auprès des chats de La Ciotat qui se trouve directement posée.
Photo : ©Fréquence Nautique
La rédaction
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