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"Douche à l’essence" : après les violences devant le lycée Méditerranée, les réactions se multiplient à La Ciotat

Un enseignant agressé, aspergé d’essence et contraint de déposer plainte : au lendemain des violences survenues vendredi matin devant le lycée Méditerranée, plusieurs élus ciotadens condamnent les faits et apportent leur soutien au personnel de l’établissement. Dans les rangs de la majorité municipale, aucune réaction publique n’a, pour l’heure, été enregistrée.

La matinée du vendredi 2 octobre restera comme un épisode particulièrement violent devant le lycée Méditerranée, à La Ciotat. Alors qu’un mouvement de lycéens se déroulait aux abords de l’établissement, un enseignant a été frappé puis aspergé d’essence à proximité d’un incendie.

Une scène que le professeur a lui-même qualifiée de « douche à l’essence », dans un témoignage rapporté par BFMTV. À la demande de son institution, il a finalement déposé plainte.

« Je suis allé déposer plainte à la demande de mon institution. À titre personnel, je n’étais pas enchanté de faire ça, mais on a discuté avec le proviseur et il m’a dit qu’il faut le faire par rapport à l’institution », a-t-il expliqué à nos confrères.

Au lendemain des faits, les réactions politiques locales se sont rapidement succédé. Si les sensibilités divergent sur l’analyse du mouvement lycéen et de ses revendications, plusieurs élus se rejoignent pour condamner les violences commises contre l’enseignant et apporter leur soutien aux personnels de l’établissement.

"CLAIREMENT CRIMINEL"

Ce samedi, la députée Joëlle Mélin, élue RN de la 9e circonscription des Bouches-du-Rhône, a à son tour réagi aux événements. La parlementaire qualifie les faits de « clairement criminels », apportant ainsi son soutien à l’enseignant pris à partie devant le lycée.

Conseiller municipal d’opposition, Didier Giudici condamne fermement les violences. « L’école doit rester un lieu de transmission, de respect et de sécurité. Aucune violence envers celles et ceux qui s’engagent au quotidien pour l’éducation de nos jeunes ne peut être tolérée. »

Dans le groupe municipal "Cap sur le bon sens", sa collègue Dominique Bonmati dit également s’associer « pleinement à l’indignation devant de tels agissements ». Elle adresse ses vœux à l’enseignant molesté, mais également « à ses collègues et à tous les personnels administratifs et de service de cet établissement bien injustement mis à mal ».

La conseillère municipale (UDR) Anette Placide condamne elle aussi les dégradations et les violences, tout en interrogeant les motivations du mouvement. « La violence et les vandalismes ne régleront pas les problèmes mais, par contre, augmenteront les dettes abyssales de l’État et de nos collectivités. La jeunesse est-elle si malheureuse pour vouloir tout casser ? N’y a-t-il pas d’autres moyens d’expression ? » Une réaction qui met davantage l’accent sur les conséquences des dégradations et sur les modes d’expression utilisés par une partie des manifestants.

De son côté, Karim Ghendouf (PCF) a relayé un communiqué du Parti communiste français et tenu à apporter personnellement son soutien au professeur. Il dénonce « un acte indigne qui ne fait que discréditer le mouvement et les revendications légitimes des lycéens ». Une distinction entre les revendications portées par les élèves et les violences commises en marge de celles-ci.

Par ailleurs, on apprend que munie de son écharpe, Mariann Chrétien, conseillère municipale d'opposition (divers gauche) de La Ciotat et enseignante, était présente lors des événements qui se sont déroulés vendredi matin, devant le lycée Méditerranée.

Plus à droite de l’échiquier politique local, Herve Itrac, conseiller municipal (Reconquête), hausse le ton. « La violence meurtrière qui s’est exercée ce matin au lycée Méditerranée à La Ciotat mérite les plus sévères sanctions pénales à l’égard de leurs auteurs », réagit-il.

"UNE ÉPOQUE RÉVOLUE"

Silencieux depuis les élections municipales de mars dernier, Lionel Giusti a lui aussi réagi aux événements. Le conseiller municipal d’opposition (Les Ciotadens) adresse « tout [son] soutien aux enseignants qui ont été agressés ». Il estime également que le rapport à l’autorité aurait profondément évolué entre les générations. « J’appartiens à une génération qui, elle aussi, pouvait avoir des revendications, mais qui savait se contrôler. Il y avait encore du respect pour les enseignants et pour l’uniforme des forces de l’ordre. Il semble que cette époque soit révolue », déplore-t-il.

Reste une absence remarquée dans le paysage politique ciotaden : celle de la majorité municipale. Au lendemain des événements, aucune réaction publique du maire (divers droite) Alexandre Doriol ou de la majorité municipale n’était connue au moment de la rédaction de cet article.

Une situation d’autant plus commentée que des maires voisins notamment ceux de Six-Fours-les-Plages et de La Seyne-sur-Mer, n’ont pas manqué de réagir à des violences survenues dans des établissements scolaires de leurs communes respectives.

À La Ciotat, le débat se poursuit donc désormais sur deux fronts : celui des revendications portées par les lycéens et celui des violences qui ont marqué la matinée de vendredi. Avec une question désormais au centre des réactions locales : comment éviter que la contestation ne bascule à nouveau dans la violence ?

Photo : ©Fréquence Nautique
La rédaction

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