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À La Ciotat, cette entreprise conçoit des dirigeables hors normes : ses ballons s’invitent jusque dans le ciel militaire de Toulon

À La Ciotat, cette entreprise conçoit des dirigeables hors normes : ses ballons s’invitent jusque dans le ciel militaire de Toulon

INOVATION - Installée dans la zone Athélia depuis 2020, "A-NSE" développe des ballons captifs et des dirigeables capables de surveiller de vastes espaces, de transporter des charges lourdes ou de renforcer la détection des menaces aériennes. Une activité de haute technologie qui trouve notamment des applications dans la défense.

À La Ciotat, une entreprise évolue dans un secteur encore méconnu du grand public, mais dont les applications prennent une importance croissante : celle des ballons captifs et des dirigeables. Installée depuis 2020 dans la zone d’activités Athélia, A-NSE conçoit des appareils aux capacités variées, destinés aussi bien à l’observation et aux télécommunications qu’à la surveillance militaire ou environnementale.

Avec un chiffre d’affaires annuel oscillant entre 3 et 5 millions d’euros selon les exercices et une vingtaine de salariés, la société s’appuie sur plusieurs implantations dans les Bouches-du-Rhône et le Var. Outre son site ciotaden, elle dispose d’un domaine à Pourrières, consacré notamment à la formation et aux essais, ainsi que d’un bâtiment complémentaire à Rousset.

Le principe de ces appareils repose sur une idée simple : prendre de la hauteur pour observer, détecter et transmettre des informations. Les ballons captifs, reliés au sol par un câble, peuvent rester en position au-dessus d’une zone stratégique. D’autres appareils, notamment stratosphériques, sont conçus pour évoluer entre 20 et 40 kilomètres d’altitude.

Chez "A-NSE", les capacités varient considérablement selon les modèles et les missions. L’A-N 400, par exemple, peut rester en vol pendant dix heures, atteindre une vitesse de 85 km/h et évoluer jusqu’à 1 000 mètres d’altitude. Il peut emporter une charge de 160 kg, comprenant notamment des caméras, des radars ou des équipements de détection et de lutte contre les drones.

Ces caractéristiques ouvrent la voie à de multiples usages : sécurisation d’événements, surveillance d’infrastructures sensibles, observation maritime ou détection d’activités suspectes. Depuis les airs, les capteurs embarqués peuvent contribuer à observer de vastes secteurs, notamment en mer, où le suivi des flux et l’identification de menaces représentent des enjeux importants.

JUSQU'À 12 TONNES DE MATÉRIEL POUR LE PLUS IMPOSANT

La gamme développée par l’entreprise ciotadenne ne se limite pas aux appareils de surveillance. Son modèle A-N 20000 affiche des capacités bien supérieures : jusqu’à 150 km/h, une altitude de 2 000 mètres, une autonomie annoncée de 24 heures et une charge embarquée pouvant atteindre 12 tonnes.

Ces performances illustrent la diversité des applications envisagées pour les dirigeables et les plateformes aérostatiques. Au-delà de la défense, ces technologies peuvent également intéresser les secteurs des télécommunications, de l’observation environnementale et du transport décarboné, selon les équipements et les missions retenus.

L’intérêt de ces technologies se manifeste aussi sur le terrain militaire. À l’automne 2026, un ballon captif conçu par "A-NSE" est utilisé par la Marine nationale dans le Var, dans le cadre d’essais consacrés à la protection et à la détection des drones.

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Photo prise ce mercredi matin, par un témoin sur l'auroute A50 à la sortie de Toulon. 

Déployé à plusieurs centaines de mètres d’altitude, au-dessus du secteur de Toulon et de ses reliefs, cet aérostat bénéficie d’une position dominante pour surveiller les approches de la base navale. Associé à des équipements radar et optroniques, il peut contribuer à repérer des objets aériens et à améliorer la connaissance de la situation autour d’une infrastructure stratégique.

Le choix d’un ballon captif présente un intérêt particulier : maintenir des capteurs en hauteur pendant une durée prolongée, sans dépendre uniquement des moyens aériens traditionnels. Dans un contexte où les drones constituent un défi croissant pour la protection des sites sensibles, ce type de dispositif fait partie des solutions évaluées par les forces armées.

Pour "A-NSE", ces essais mettent en lumière les débouchés opérationnels de technologies développées dans ses ateliers de La Ciotat. Entre surveillance, détection et nouvelles applications de transport, l’entreprise provençale évolue sur un marché où les besoins civils et militaires peuvent se rejoindre.

Une activité discrète, mais qui rappelle que l’innovation industrielle du territoire ne se joue pas uniquement au sol : elle peut aussi prendre de la hauteur.

Photo : D.R. @defense137
La rédaction

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