


Débats houleux lundi, au sujet de la vente d’une parcelle communale au détriment d'un conseil syndical et au profit d’un programme immobilier. En colère, un riverain est intervenu et des élus de l’opposition ont quitté la séance.
C’était à craindre, lors de la séance du conseil municipal de La Ciotat qui s’est tenue lundi 6 décembre 2021 à 14h30 à la salle Paul Eluard, la délibération n°8 a déclenché les foudres.
La ville de La Ciotat a décidé de ventre une parcelle de 136m2 afin de permettre au promoteur "Nexity" d'y construire un lotissement de 12 villas.
L’opération immobilière qui débute sur la vente d’un terrain privé de plus d’un hectare ne peut se faire seulement si cette petite parcelle est vendue. Un bout de terrain qui selon les riverains revient au conseil syndical du quartier.
Autre polémique, l’opposition municipale (toutes tendances confondues) reproche à la municipalité de "ne pas avoir fourni toutes les pièces relatives à ce dossier lors du conseil municipal du 18 octobre 2021".
"VOUS N'AVEZ PAS ÉTÉ ÉLUE DANS DES CONDITIONS NORMALES"
« La Ciotat arrive à bout, votre élection ne s’est pas déroulée dans des conditions normales, vous devez en tenir compte » lance d'emblé Lionel Giusti (Les Ciotadens).
« Il y a des villes qui face aux enjeux environnementaux, se battent pour créer des forêts urbaines, pendant que nous à La Ciotat, on semble jouer au Monopoly » souligne le conseiller municipal d’opposition et d'ajouter " Mme le maire, La Ciotat est à bout, tout est saluré, vous n'avez pas été élue dans des conditions normales, vous devez en tenir compte !"
Mireille Benedetti ne manque pas d’ajouter « vous avez accordé le permis à Nexity le 11 octobre 2021 alors que de lettres en réunions, les riverains n’ont cessé de demander la rétrocession de cette parcelle »
« En 2006, le maire de La Ciotat leur avait pourtant promis mais il s’intéressait surtout aux parcelles vendues pour 1 franc symbolique parce qu’elles étaient destinées à l’époque, à l’intérêt général, c’est-à-dire aux citoyens ! » rappelle la conseillère municipale centriste.
« ÉDIFIANT !»
De son côté Karim Ghendouf ajoute « ce que vient de dire Mme Benedetti est édifiant sur la manière de procédé, car en effet nous n’avions pas tous les éléments. On prend des décisions sans avoir toutes les pièces du dossier »
« Nous vous avons demandé de nous adresser une vision des constructions à venir et c’est resté lettre morte » s’étonne l’élu communiste qui ne manque pas d’indiquer que « des riverains ont écrit onze fois au maire pour avoir des explications sans jamais obtenir aucune réponse sur un nouveau programme immobilier de 26 appartements prévus sur l’avenue Fernand Gassion. Le permis a été accordé sauf qu’il y a un problème d’accessibilité. Les riverains ont dû engager un avocat spécialisé dans l’urbanisme».
« C’EST UNE HONTE ! »
Les débats se sont ensuite envenimés et le ton est monté, une personne dans la salle, visiblement un riverain du quartier concerné par le programme immobilier de la Haute Bertrandière s’est écrié « C’est une honte ! Vous ne nous écoutez pas depuis des années ! » avant d’être rappelé à l’ordre par le Maire.
La police municipale a ensuite interpellé le Ciotaden en colère et lui a demandé son identité.
UNE DÉLIBÉRATION LITIGIEUSE VOTÉE PAR LES SEULES VOIX DE LA MAJORITÉ
Figée dans sa position, la majorité municipale n’a pas retenu les arguments développés par l’opposition unanime sur ce dossier et a maintenu sa délibération avant de là voter.
Absent des débats pour des raisons professionnelles, le groupe (RN) conduit par Hervé Itrac a adressé une lettre au maire de La Ciotat afin de lui demander lui aussi, le retrait de la délibération et d’annuler la vente au promoteur de la parcelle communale en question.
Devant le fait accompli, les élus d’opposition Mireille Benedetti, Lionel Giusti, Denis Bunelier et Laura Baldanza ont manifesté leur colère et ont quitté la séance avant le vote qui ouvre la porte « aux buldozzers » sur un terrain composé d’oliviers tricentenaires.
Néanmoins, les élus du groupe d’opposition « Ensemble pour La Ciotat » ne baissent pas les bras, ils ont entamé un recours devant le Préfet des Bouches du Rhône. Le conseil syndical "Les Strezilias" se réserve le droit de saisir la justice.
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Photo : DR
La rédaction
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