


Le promoteur des « Voiles 3 et 4 » veut débuter son chantier de 70 logements mais les riverains s’y opposent fermement. Le quartier souffre cruellement du manque d’infrastructures longtemps promises.
En matière d’urbanisme à La Ciotat, un fossé semble se creuser entre les propos rassurants tenus par les élus de la majorité dans le magazine municipal de février 2022 et le vécu des riverains de certains quartiers victimes des nuisances causées par les constructions.
Exemple au Garoutier, un « écoquartier » qui n’a d’écologique que sa dénomination, tellement le manque d’infrastructures fait défaut.
« Mauvaise gestion des ordures ménagères, des embouteillages qui occasionnent insécurité́ routière et pollution, manque de parking, aucun espace dédié́ aux enfants… » face aux dysfonctionnements constatés sur le terrain et aux promesses non tenues, les riverains sont à bout de nerfs.
Pour preuve, l’affrontement juridique entre des habitants du chemin des poissonniers et le promoteur des « Voiles 3 et 4 ». Ils ont récemment refusé que ce dernier accède à la parcelle constructible pour débuter le terrassement du programme immobilier.
Tout commence lorsqu’au printemps 2021, les riverains découvrent deux permis de construire délivrés par la mairie de La Ciotat autorisant la construction sur un terrain boisé, d’un ensemble immobilier composé de 70 logements au total comprenant des bâtiments R+2.
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« ESCROQUARTIER »
Les habitants limitrophes ont saisi la justice, un référé suspension est en cours au tribunal administratif de Marseille. Le conseil syndical a été contraint d’engager, à ses frais, deux avocats spécialisés. Les voisins de ce chantier dénoncent certaines irrégularités.
Selon eux « le permis des « Voiles 3 » n'aurait pas été affiché »
« Le projet ne serait pas desservi par une voie ouverte à la circulation publique et la demande de permis de construire ne mentionnerait ni l'emplacement ni les caractéristiques de la servitude de passage. Il n'indiquerait pas non plus les modalités de raccordement aux réseaux publics, etc... »
« Autant d'éléments importants ajoutés à des irrégularités du Plan Local d’Urbanisme Intercommunal qui manqueraient au projet et qui ont été dénoncés dans la requête contentieuse » précise l’association "Regain" qui va jusqu’à parler d’ « escroquartier » en ce qui concerne le Garoutier.
Côté politique, les colotis du "Jardin Lumière" ont reçu le soutien de certains élus de l’opposition municipale. Mireille Benedetti, Lionel Giusti, Denis Bunelier et Bernard Orgolou-Oglou se sont rendus sur les lieux.
« La viabilisation est la base de l’urbanisme. Cependant, il n’y a rien de plus facile pour un maire que de valider un permis de construire sans y adapter des infrastructures, c’est gratuit et ça rapporte du foncier » indique Lionel Giusti président du mouvement « Les Ciotadens ».
« En revanche, construire des routes, des écoles, traiter les déchets…ça coûte cher alors on préfère regarder ailleurs. C’est ça le vrai problème à La Ciotat » ne manque pas de souligner l’élu d’opposition et de rappeler « Dommage que des Ciotadens se réveillent seulement lorsque le béton coule à leur porte » faisant référence au résultat des élections municipales de 2020 et au 62% d’abstention.
De nombreux constats d'huissier ont été effectués à la demande des voisins du programme immobilier « les Voiles 3 et 4 » sans oublier les craintes sur leurs habitations et les conséquences d’un chantier qui envisage de creuser "jusqu'à 8 mètres de roche".
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Photo : DR
La rédaction
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